Mon ami mon maître,

« C’est mon ami et c’est mon maître C’est mon maître et c’est mon ami Dès que je l’ai vu apparaître J’ai tout de suite su que c’était lui Lui qui allait m’apprendre à être Ce que modestement je suis »…

Cette chanson de Serge Lama , c’est pour moi un hymne à Daniel ! J’aime l’écouter et la fredonner dans mon atelier ; elle m’évoque tellement Daniel, qu’elle me connecte immédiatement à lui. Lama dit de son ami qu’il est une église dont l’accès est interdit. Daniel lui, était bien plus que ca ! C’était une cathédrale, immense de savoir et de générosité ! Un homme petit mais un grand Monsieur, doté d’une belle sensibilité, gorgé d’humour et d’amour, qui accueillait avec son inséparable et indispensable moitié, tous les amoureux de la terre, faisant en sorte que chacun trouve son plaisir, et trace sa voie. De ses secrets il n’était pas jaloux, en tous cas pas de tous ! son savoir, il le partageait, promulguant inlassablement ses conseils, tel un père à ses enfants. Avec lui rien n’était impossible, tout se tentait et sa passion contaminait qui savait être réceptif !

Il nous montrait l’audace, la patience, l’humilité, le partage, le don de soi, le plaisir des choses simples, mais également la force de caractère et la joie de vivre ; cette joie de vivre à laquelle on venait de loin se réchauffer le cœur entre amis. L’air que l’on respirait à l’atelier, (hormis les jours de Raku !) était plus pur que n’importe où ailleurs, on venait de loin palper la terre et recharger les accus ! Tel un pilier, il est resté fidèle au poste jusqu’au bout, dans son atelier, avec nous, faisant fi de la maladie, sans jamais se plaindre, ses yeux doux et rieurs à la fois nous encourageant encore et encore….

Aujourd’hui, mon atelier : « de terre en terres…. » , c’est à Daniel , à sa femme Jacky et à 30 ans de partage avec eux et avec les amis de l’atelier de Fiançay que je le dois  ! Sans leurs encouragements, sans l’aide technique et indéfectible de de Daniel à ma prise totale d’autonomie, le rêve d’avoir mon propre atelier ne se serait pas réalisé.  Un sourire tendre et malicieux au fond des yeux, il veille toujours sur moi ! il n’est pas un jour à l’atelier sans que je le questionne et la réponse vient toujours, même si c’est pour dire simplement, comme il aimait à le faire , « tu connais déjà la réponse ! »

Merci Daniel, notre ami, notre maitre à tous !

Brigitte

Montélimar, 25 février 2021

Daniel,

  • Quel homme es-tu ?

Pour avoir su donner et répandre tant d’amour autour de toi ?

  • Quel homme es-tu ?

Pour avoir enseigné la passion de ton art sans aucune prétention, réclamant juste, à hauts cris, respect et reconnaissance, au nom de '''tous '''les artistes ! …

  • Quel homme es-tu ?

Pour avoir jonglé toute ta vie, si simplement, entre grandeur et modestie, entre profondeur et 2 ème degré, entre sensibilité, émotions et clowneries ?…

  • Quel homme es-tu ?

pour avoir rassemblé tant de monde :

familles, élèves, apprentis, potes, démunis, amis fidèles, autour de ta girelle, autour de tes mains expertes, mais surtout autour de ton coeur…

  • Quel homme es-tu ?

Du haut de ta petite taille, pour avoir élevé des merveilles inestimables, et de si belles âmes qui te célébrons et te pleurons aujourd’hui ?

Ta propre modestie rend nos oeuvres, nos projets, nos envies accessibles, réalisables, ambitieuses, sous ton regard exigent d’expert, mais surtout sous ta bonté et ta bienveillance vis à vis de chacun d’entre nous.

Tu es mon, notre “potier”, notre ami, un père, un pilier, le contenant et le contenu de nos jarres, notre pître et notre clown, tendre, drôle, vrai et si courageux! Quelle leçon de vie!

Chef de famille, chef de file, chef d’atelier, chef des artistes et des humbles oubliés, chef des fours, Grand Sachem de la tribu que nous sommes devenus autour de ton feu, pour moi, depuis 25 années…

Daniel, chaque fois que je poserai mon regard sur tes oeuvres, tes cristallisations, je verrai tes mains et ta tête tourner dans ce mouvement de VIE, je verrai ton regard attentif, je verrai ton art et je m’abreuverai de ce qui en irradie.

Tu resteras là, au “vive le stage!”, toujours présent malgré l’absence, nous serons là auprès de ta Jacky et de votre famille, et nous attendrons avec ferveur et émotion, 16 ou 17 heures, l’heure de la Saint Monon,

pour trinquer avec toi! Merci Daniel!

Domi

On n’a pas tous les jours vingt ans, ça nous arrive une fois seulement, chaque année chez nos potiers, un stage merveilleux d’amitié. Modelage et poterie nous ont toujours réunis dans une onctueuse barbotine pour enduire et ravir nos mines.

Elèves modèles eapprentis, du maïtre nous avons reçu sonsensible savoir d’artiste et un stage de clownerie s’adaptant à chacun de nous à nos œuvres chahuts et dérives pains de terre nous ont rassasiés pour une flamme à treize cent degrés.

Les vingt ans nous ont rapporté terre chaleur et du doigté pour des œuvres pleines de baisers sous le regard de not’potier dans son atelier chaque année, on s’attend pour se défouler et parfois aussi pour pleurer dans une tendre solidarité.

Vingt années de grand merci à vous Daniel et Jacky. Entre quarante et soixante ans notre jeunesse défie le temps de nos histoires partagées au premier et au second degré. Le stage entretien l’amitié, seul mot d’ordre : « Faut profiter ! ».

Puis ya aussi Danielle et François, Gîte de France Gîte d’amour, associés aux nombreux émois, étant tout exceptés sourds, Franco-Belge, plus de frontières, on tourne avec de la bière le tout né d’un très grand potier mêlant art et dextérité.

On n’a pas tous les jours vingt ans, ça nous arrive une fois seulement, C’est le plus beau jour de not’vie, c’est pourquoi on fait des folies, vingt fleurs pour vous le rappeler Martine et Do, vingt années comblées, merci Potier, merci Jacky « phénoménale » elle est la vie !

Vive le stage !

Martine

Bonjour les Culis

C’est avec émotion que je découvre le site danielculis.fr et je vous remercie de cette initiative.

Il y a deux ans, j’ai appris son départ et j’ai été triste de ne pas avoir pris le temps de lui dire combien sa générosité d’homme a été importante dans ma vie.

J’ai découvert la céramique avec lui et Jacky, d’abord en modelage, puis sur un tour à pied. A l’atelier à Montelier d’abord, puis à celui de Livron. J’avais 10 ans je crois. Et cela a été très important pour moi d’avoir une base de réussite créative dans les maltraitances physiques et psychologiques extrêmement violentes que je subissais chez mes parents. Sans le savoir, Daniel et Jacky m’ont sauvé la vie à plusieurs reprises. Leur attitude a toujours été pour moi un phare dans la tempête. Quelque chose sur lequel je pouvais compter.

En 1985, je suis parti à l’armée à 18 ans à peine. Daniel m’avait proposé de devenir apprenti. Vu ce que je subissais chez moi, il m’était impossible d’accepter. Il fallait que je m’éloigne. Que j’aille vivre le plus loin possible. Mais l’éloignement ne guérit pas certaines blessures.

En 1993 est né mon fils Florian. Et Daniel a bien voulu me céder une grande jarre en porcelaine bleue magnifique qui m’accompagne toujours. Grâce à elle, j’ai toujours gardé un lien émotionnel avec tout le positif que m’ont offert Daniel et Jacky.

La vie m’a ensuite pas mal ballotté. C’est pas toujours simple et j’ai souvent fait comme j’ai pu. En rêvant longtemps de pouvoir remettre les mains dans l’argile.

Près de Limoges, une amie m’a demandé de venir tester un tour qu’elle venait d’acheter d’occasion. Les gestes sont revenus et les souvenirs avec. L’envie est devenue une évidence. C’était si bon de retrouver des moments qui m’avaient rendu heureux dans des temps passés bien sombres. J’ai d’abord commencé à retourner plus régulièrement sur ce tour amical, avant de m’en acheter un neuf pour tourner presque tous les jours.

Puis la vie m’a conduit en Normandie, à deux pas du pays de Ger dans le Sud Manche où je vis maintenant. C’est un territoire de céramiste depuis des centaines d’années avec sa fête des feux au musée de la céramique de Ger.

J’y ai rencontré Christine Bruckner, qui m’a initié à la création d’émaux de rencontre et avec qui je partage maintenant l’atelier pour les cuissons. Au final, la graine plantée dans mon cœur par Daniel et Jacky a fini par devenir arbre. Elle a pris son temps. Mais je suis bien devenu céramiste créateur d’émaux.

Je n’ai pas vocation d’en faire une profession. Mais l’important n’est pas là. L’important à mes yeux, c’est d’abord cet amour de la transmission qui habitait Daniel et qui me fait toujours tant de bien aujourd’hui.

Pas un jour ne se passe, sans un sourire à ces âmes généreuses.

Philippe